Par ClaireYvesAndré

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - Travail

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi, août 28 2012

Banlieues ; les filières techniques vous sauveront, l'Afrique vous accomplira !

1261281_dry_paddock.jpg

ça s'annonce mal. Et à bien des égards, l'homme normal avait raison : le changement, c'est maintenant !

Le changement, c'est maintenant, c'est une certitude car l'horizon économique est si obscurci que seuls les papa, maman, le réseau s'en sortiront. Le chômage décolle progressivement depuis plusieurs semaines, le marché se tasse, les espagnols, les portugais et les grecs reprennent leurs baluchons, la crise financière s'est bien enroulée autour des économies occidentales comme un boa constrictor et se contracte davantage à chaque fois qu'un pays expire, le carburant flambe et les porte-monnaies sont au sec. L'assistanat généralisé permet encore dans certains domaines de faire illusion (Allocations rentrée scolaire, emplois avenir et autres rustines suggérées), le moral est bas, très bas, il n’y a qu'à regarder la mine de vos voisins dans les transports publiques pour comprendre à quel point c'est chaud.

La vérité, c'est que de nouveaux cercles concentriques se créent autour de l'emploi, le sésame et redéfinissent son accès. Les français ont peur pour leur avenir et ils ont bien raison. La banlieue, toujours derrière comme les fesses, subira, sans aucune protection, les foudres de cette peur, de ce marasme économique. En temps de disette, les gros maigrissent, les minces meurent. Des choix seront faits et il ne faut pas être devin pour savoir qui seront sacrifiés. Non, paraîtrait que la gauche soit plus humaniste; pour savoir qui sont ceux qui mangeront à table et ceux qui se contenteront des restes qu'on leur balancera humainement, au sol.

La chialette n'étant pas de mise, nous avons quelques solutions assez simples pour traverser ce cap avec le moins de malheurs possibles. Car, au-delà du manque d'argent, de la résurgence des humiliations, violence et haine s'épanouiront dans ce contexte socio-économique difficile. Malheur aux faibles, aux inorganisés, aux esseulés, aux étrangers, aux autres. Car chez nous et c'est eux seront des locutions de rigueur.

866128_deep_thought.jpg1- Retour en Afrique à court, moyen ou long terme

Quelque soit votre histoire, votre profil, votre attitude, vos ambitions, vous devrez vous demander si votre avenir se trouve encore ici et dans quelles conditions. L'homme est libre et chacun a le droit de choisir son destin. Certains ont de bonnes raisons pour eux de se plaire en Occident et sauront toujours donner des gages pour se faire une place. Chacun fait ce qu'il peut et s'arrange avec sa conscience.

Pour ceux qui croient avoir un potentiel inexploité, sous-exploité, une envie de se réaliser, nous leur proposons de considérer avec plus d'intérêt un retour. La crise économique s'avérant un formidable catalyseur de réflexions.

La crise qui s'installe offre une opportunité à tous ces euro-africains de prendre des décisions courageuses. Rentrer et se faire une place au soleil, ou rester et se faire traiter comme une serpillère. Vous avez le choix. On ne peut pas passer sa vie à se plaindre, à geindre. Nous avons toujours été pour un retour en Afrique pour sa reconstruction et son développement. Pour qui a un bagage intellectuel et quelques économies, l'Afrique sera le théâtre de votre accomplissement. Vous êtes traités comme des chiens et vous finirez par être chassés comme des rats quand la crise s'intensifiera.

En Afrique, tout est à bâtir et le continent manque de bras, de cerveaux, de morts-de-faim aigris pour accompagner son essor. Oui, vous ne finirez milliardaires en euros mais vous serez ce que vous voulez être; appréciés par les vôtres et respectés par tous. Vous pouvez toujours vous abrutir de slogans, we are the world, one and united, we are equal et patati et patata. Quand viendra le moment de savoir qui doit rester dans l'arche, qui doit se contenter d'une bouée et qui doit se noyer, il est à peu près certain que les derniers venus seront les premiers dé-ballastés.

L'Afrique a besoin de vous, formés et aguerris, prêts à servir. Les noirs d'Europe ne sont utiles qu'en Afrique. Médecins, ingénieurs, commerçants, marketeux,... Donnez-vous une occasion de compter dans votre vie.

1164432_carpenter_series_1.jpg 2- Travail, formation et capital

Pour les plus jeunes, cela vous paraîtra bizarre mais n'allez pas perdre votre temps dans des formations générales au rabais offertes et sans intérêt économique. Les formations techniques vous fourniront un emploi à vie, quelque soit l'endroit où vous comptez vous installer. Devenez électriciens, maçons, plombiers, menuisiers, agriculteurs, chauffagistes, charpentiers, ...

Faites des études pour avoir un métier et non des études pour avoir de la culture.

Vous aurez toujours le temps et les moyens plus tard de vous cultiver, de lire la princesse de Clèves ou de fréquenter des musées si cela est votre passion. Mais faites des études pour becter, et laissez les cultureux s'abrutir de leur profondeur d'esprit. Un mécanicien, ça sert partout, ça trouve du travail partout, c'est utile partout et notamment en Afrique. Un historien, ça meuble plus ou moins les salons, ... c'est tout. L'idéal pour vous, est d'être un mécanicien passionné d'histoire. Mais d'abord mécanicien.



Et puis, un pays n'a pas besoin de millions d'intellectuels mais de millions d'artisans, de salariés formés et qualifiés, de techniciens aguerris. Nous n'avons pas tous vocation à avoir des tiroirs pleins de diplômes inutiles en sciences humaines et autres études à employabilité minimale. Par contre, suivez des formations scientifiques, commerciales, financières, concrètes qui vous serviront toute votre vie, quelque soit la trajectoire que vous aurez suivie.

Pour les plus âgés, ceux qui sont déjà dans la vie active, prenez conscience de votre importance et ne la gâchez pas à vouloir à tout prix briser des plafonds de verre qui sont solidement harnachés et épais, imbrisables pour au moins une à deux générations.

Depuis 40 ans, combien de maires noirs ou arabes en banlieues ? Combien de directeurs généraux, de directeurs commerciaux, de cadres supérieures prometteurs, d'exemples ? Pour le nombre de jeunes banlieusards qui ont fait des études supérieures, dont les parents ont sacrifié leurs propres vies pour le devenir de leurs enfants, combien ? Combien ? Combien ?

Il faut être lucide, vous pouvez être ce que vous voulez chez vous, avec du travail, de la motivation. La France a donné ce qu'elle a pu. Qu'elle se recentre sur les siens est chose normale. A chacun de se prendre en main. Vous pouvez réussir chez vous et bien réussir. Être des exemples, des sommités, ceux qu'on regarde avec admiration, considération et respect. Vous pouvez réaliser vos ambitions et justifier tous les espoirs qui ont été placés en vous.

1385841_cape_buffalo_at_addo_parksouth_africa_2.jpg

Il est évident que l'Afrique avance et que vos frères africains ne vous attendront pas. Il vous faudra vous faire une place. Par contre, ils vous la céderont bien volontiers si vous les tirez vers le haut. Il y'a toujours des difficultés, des problèmes mais qu'est-ce qu'un homme sans problèmes ?

Il y'a de nombreux immigrés européens qui squattent des postes importants dans des entreprises ou des multinationales sur le continent au prétexte qu'il n'y'aurait pas assez de compétences en Afrique. Ces emplois vous attendent déjà les bras ouverts. Votre expertise, votre expérience seront immédiatement utilisées pour reprendre en main ces emplois qui échappent aux locaux et le transfert de compétences et de technologies sera accéléré.

Pour les autres emplois, les législations sont souples, et si vous préparez bien votre atterrissage en Afrique, vous pouvez lancer votre propre business et vous enrichir rapidement.

L'Afrique est un continent d'opportunités en sommeil et de territoires sous-exploités. Qui à part les africains, est plus à même d'organiser et te profiter des fruits de ces terres ?

Il ne sert à rien de vouloir s'investir dans des domaines technologiques dont la pérennité est menacée par la fin du pétrole. Les secteurs primaires et secondaires n'attendent que vous. 1 milliard d'africains n'attendent que votre ambition, votre épargne, votre travail pour se nourrir, se vêtir, se loger, se déplacer, se réjouir et se divertir. Les autres continents atteignent le pic de leurs exploitations, sont hyper-habités et ont une économie qui ne peut que les pousser à faire des fuites en avant. L'Afrique, malgré l'exploitation éhontée des décennies passées, reste vierge.

Pour tous ceux qui veulent se faire un nom, elle vous attend.

Pour tous ceux qui veulent se faire de l'argent, elle vous attend.

Pour tous ceux qui veulent se rendre utiles, elle vous attend.

Et à l'horizon, point d'humiliations, point de plafonds de verre, point de déconsidérations, point de banlieues...

Tiens, 3 millions de chômeurs ce matin en France.

Mon frère, lèves-toi et marches !

Osez le bon sens !

YDM

mercredi, mai 23 2012

Les étudiants: indigents de la république

Actu

Les étudiants: indigents de la république

Réaction

Les politiques ayant atteints leurs limites de créativité pour solutionner les conditions de vie des étudiants et des jeunes adultes, il nous a paru important de rappeler quelques propositions constructives qui pourraient être mises rapidement en branle pour leur épanouissement.

De 18 à 26 ans, le trou noir, notamment pour ceux qui ont commis la "bêtise" de faire de longues études et circonstances aggravantes, de les faire dans des universités.

Être étudiant est un long chemin de croix. Surtout pour certaines classes moyennes qui ne bénéficient pas des aides et bourses sociales.

Période intermédiaire, période charnière, premier check-point de la vie.

Cette étape mérite une vision, une vraie vision politique et non quelques rafistolages et distribution de lollipops aux associations les plus quémandeuses. Voir les étudiants comme des sommes de mains tendues (protestations et autres raouts revendicatifs) est désastreux pour énoncer de vrais mesures correctrices à leurs égards.

Nos propositions concrètes pour les étudiants

1- Changer vraiment de paradigme : accepter idéologiquement le travail comme partie inhérente des études

Dans tous les pays sauf dans quelques pétro-monarchies peut-être, les étudiants travaillent pendant leurs études. Les bourses ne suffiront jamais pour les aider à subvenir à tous leurs besoins

2- Réduire l'exploitation des étudiants par le secteur informel

Les parents sont les premiers exploiteurs des étudiants. Le travail au noir dans les services à la personne et notamment dans le soutien scolaire, nuit à la situation des étudiants. Ils sont payés au lance-pierres et renvoyés sans aucune autre forme de procès.

Le secteur formel s'organise depuis 10 ans grâce au plan Borloo. Mais force est de constater que 80% du secteur demeure aux mains des parents et entreprises de services exploiteurs.

Solutions : augmenter les contrôles - mettre en place des fortes amendes (contraventions) payables immédiatement par les particuliers fraudeux

3- Dédier le statut d'autoentrepreneur aux étudiants

Le fait d'avoir une carte d'étudiant devrait automatiquement permettre à ce dernier d'avoir un statut d'autoentrepreneur et de pouvoir facturer ses prestations de services. Et une fois les études terminées, le statut s'arrête.

4- Créer une agence pour le travail des étudiants

2 millions de personnes en grande majorité dans la précarité, relèvent de la responsabilité d'un État. Cette population particulière peut bénéficier d'un réseau national où des particuliers et des entreprises feraient publier des offres d'emplois adaptées à leurs services (restauration, services à la personne, jardinage, évènementiels...). Le fait d'être étudiant vous inscrirait de fait dans la base de données. Vous pourrez ainsi avoir un accès direct aux emplois près de votre lieu de résidence et ne pas être exploité.

5- Rendre autonomes et puissantes les associations d'étudiants

Des secteurs comme le nôtre, le soutien scolaire, pourraient être organisés de telle manière que les étudiants, qui en sont le lumpenproletariat, en aient la direction. Pour cela, les associations doivent se dépolitiser au maximum et prendre en main la gestion du travail de leurs camarades et aussi une partie de leurs protections sociales.

Elles généreraient ainsi de l'argent utile à leurs propres fonctionnements, à mettre en place des œuvres sociales pour leurs camarades (achat de matériels informatiques, cautions locations maison, achat d'immeubles pour logement...) et pour leur défense.

En tant que maîtresses de leur destin, elles pourront plus simplement convaincre les étudiants d'être syndiqués pour bénéficier du réseau d'emplois, de logements et d'aides. Genèse d'associations étudiantes réellement puissantes et non de gonfleurs de rangs de défilés.

Car au fonds, qu'est-ce qu'un syndicat d'étudiants aujourd'hui, sinon un regroupement de fils à papa, braillards, fainéants et déjà mendiants car déjà carriéristes ?

Un étudiant peut être créateur de valeur ajoutée pour la société dès ses études démarrées, pour peu qu'elle se donne la peine de penser cette antichambre.

Enfermés dans un système bien huilé, qui leur laissent croire qu'ils comptent, qu'ils pèsent, alors qu'ils sont au mieux, des crèches pour futurs dirigeants de l'UMP et du PS; des marie couches-toi là des partis politiques.

Les faits

Nombre d'étudiants en France : 2 100 000

Premier syndicat : 30000 (estimation car il n'existe pas de données fiables)

Représentativité : < = 4%

Légitimité : 0 %

Combats : idéologiques

Problèmes des étudiants : sociaux

Efficacité : 0 %

A quoi servent les syndicats d'étudiants aujourd'hui ?

A rien.

Soyons plus mesurés ;

A émoustiller le bourgeois, à faire jacter les intellos et à recouvrir d'un vernis "social" le CV de la future élite politique de la nation.

Osez le bon sens !

YDM

lundi, avril 16 2012

93 jobs étudiants; l'Agence Nationale Pour l'Emploi des étudiants : ClaireYvesAndré

Chers étudiants du 93,

Notre réseau ClaireYvesAndré est une solution concrète pour vous aider à financer vos études supérieures.

Nous pensons qu'il est possible d'avoir un système organisé de cours où vous serez payés à votre juste valeur, respecté dans votre travail et surtout où vous pourrez travailler près de chez vous.

Le partage scolaire vous offre cette opportunité d'être directement utile à la communauté locale et de cesser de passer votre vie dans le métro pour aller donner une heure de cours hors du département.

Nous avons besoin de vous, de vos articles, de votre implication, de votre motivation, de votre folie, pour continuer de construire l'Agence Nationale Pour l'Emploi des étudiants.

Cela commencera par vous, dans le 93 et cela s'exportera partout. Inscrivez-vous sur www.claireyvesandre.com, partagez le site avec vos amis, vos familles, parlez-en autour de vous, apportez des suggestions, des critiques constructives, des observations, impliquez-vous!

Nous avons lancé de nombreux services de proximité dédiés uniquement à votre emploi. Nous les avons regroupé sous le nom d'Estudiantissimo.

Lecture-boy

ProxiPlume

Gard'Enfants

D'autres services peuvent être mis en place pour vous faciliter la vie.

Tous adossés au Partage scolaire, le soutien scolaire démocratique, le soutien scolaire pour tous, basé sur l'entraide, le tutorat, le travail de groupe.

Notre but est de vous permettre demain de pouvoir continuer à prodiguer vos services quelque soit l'endroit où vous vous trouvez en France.

La plateforme ClaireYvesAndré vous permettra très prochainement de pouvoir donner des cours à domicile pendant vos stages.

Avec Papapedago.com, nous avons souhaité que vous soyez les rédacteurs de votre vie. Vous avez des idées, des projets, des visions pour la société. Vous pouvez les partager avec les autres.

Avec le concours d'écriture Des vers sur le bitume, nous voulons participer au rayonnement créatif du département. Nous appuyer sur nos soi-disant sous-cultures (le rap et le slam en l'occurrence) pour mettre en lumière de jeunes plumes, de jeunes auteurs de textes n'ayant rien à envier des meilleurs poètes.

Du concret, du concret, du concret. Seul guide de notre démarche.

Maintenant, il ne tient plus qu'à vous d'aider la banlieue à s’élever; de nous mobiliser afin que les parents de la Seine Saint-Denis sachent qu'il existe une solution simple, proche et concrète à leurs difficultés quotidiennes.

Nombre d'entre eux ne savent ni lire, ni écrire, sont plongés dans des travaux harassants et n'ont pas le temps, la patience, les moyens pour bien veiller à la scolarité des petits. Et il est inconcevable d'abandonner le destin des petits frères à la loterie scolaire.

L'assistanat fiscal n'a pas été conçu pour les familles modestes du 93, vous l'aviez déjà compris.

Vous êtes les seuls à poursuivre le combat de la transmission du savoir entamé par les enseignants. Aujourd'hui, vous êtes employés par les familles de manière informelle, ce qui ne vous permet pas d'avoir de projets viables et pérennes; de financer vos études correctement.

Avec ClaireYvesAndré, nous pouvons donner corps à vos aspirations d'étudiant.

logo-claireyvesandre-small.png

Osez le bon sens !

YDM

samedi, février 11 2012

Comment faire aimer la poésie à vos enfants ?

Avec nos vies de chien

Y'a de quoi faire des histoires sans fin

La rue en fond, plus vrai que les infos

Du vécu enfin, tu connais le refrain

On a faim, et rien n'est prêt de changer sauf

Les gueules des bouffons sur les billets

Si on s'en sort, ça changera pas la face du globe

On est juste des têtes brûlées à la conquête du monde

Pas des modèles, on essaie tous de se faire une place

Si Dieu veut, nous aussi un jour on se range...

Refrain de L'amour du risque, album Si Dieu veut, Fonky Family, 1998

1209716_writing.jpg

Nous nous sommes demandés comment l'on pouvait faire découvrir et aimer la poésie à des enfants aujourd'hui.

Rappelons que la poésie est un genre littéraire moribond, qui survit encore grâce aux jeunes des banlieues principalement, qui la réinventent avec le slam et le rap. N'en déplaise aux gens bien, les rappeurs sont les seuls artistes à se nourrir et à nourrir leurs auditoires de vers; à faire danser avec les mots (et les maux, très souvent).

A l'évidence, ce n'est ni avec les mièvreries de la variété actuelle, ni avec la énième vague de nouvelles chanceuses françaises que les ados auront une once de passion pour les jeux de mots. Une chose est certaine, le successeur de Brel ne se trouvera jamais dans leurs rangs. Le niveau est trop bas, légèrement au-dessus de la maternelle; le club des cinq. Et nous exagérons à peine. Prenez parfois le temps de lire les paroles des chansons des chanteurs actuels. Claude François passerait aisément pour un génie de l'écriture.

Comment faire aimer la poésie à vos enfants ?

Faites-leur écouter du rap et notamment les classiques sortis avant l'an 2000. Ils se passionneront pour l'écriture, pour la rime et vous verrez qu'ils privatiseront le Petit Larousse familial, toujours exposé dans l'armoire du salon.

La vérité aujourd'hui est que le rap demeure le seul territoire musical où les mots conservent encore leur aura. Florilèges de figures de styles, travail personnel et proscription de l'interprétariat, phrases de plus cinq mots, paroles imagées, volonté d'innover, de frapper, de marquer l'esprit, poésie.

Offrez un CD de rap au petit, vous n'en ferez pas un Villon, mais un amoureux des jeux de mots, de l'écriture et peut-être des mots. Et ça, ça n'a pas de prix. Ceci dit, il n'est pas garanti qu'il devienne sage ou bon citoyen. Cela relève de l'éducation et de plein d'autres paramètres. Malheureusement, il n'existe pas de martingale. Et c'est mieux ainsi.

Faites-leur aimer le rap, vous leur ferez aimer le français.

Osez le bon sens !

YDM

vendredi, janvier 6 2012

J'suis pas motivé, je fais pas exprès !

Mise à jour : Brigitte Prot nous a reçu ce matin pour un échange très chaleureux sur la pédagogie et la banlieue. Elle nous a contacté hier soir après l'élaboration de cet article et par conséquent, a tenu ses engagements.

Son auteur a manifestement décidé de ne plus donner suite à notre entretien prévu pour demain. Dommage. Nous en aurions appris davantage sur ses conseils et observations sur la motivation scolaire.

05012012422.jpg

Je dois reconnaître que ce livre est un manuel très indiqué pour tout parent. Une sorte de code du parent éducateur. Grâce à des cas pratiques, à des expériences vécues, à des illustrations, Brigitte Prot arrive à nous montrer les erreurs que la plupart des parents d'aujourd'hui font lorsqu'ils éduquent leurs enfants.

J'suis pas motivé, je fais pas exprès ! fourmille d'idées, de conseils, de bon sens. Cela me rappelle assez bien Comment se faire des amis ? de Dale Carnegie. L'approche est la même, les exemples pullulent, et à la sortie, on a toujours notre petit bon conseil à retenir pour arriver à maintenir, stimuler la motivation des enfants et des ados.

La seule partie que j'ai trouvée assez bullshiteuse est le premier chapitre, du désir au désir d'apprendre à l'école. On aurait dit qu'elle voulait nous rappeler qu'elle connaît son Dolto !

Pour le reste, déluge d'enseignements et de remarques pertinentes. Elle décortique assez bien le fonctionnement de la motivation des enfants et les facteurs qui rentrent en compte. On apprend beaucoup sur l'estime de soi et l'image de soi, la conscience de soi, les projets... Sur les parents et leurs attitudes infantilisantes, infantiles, envahissantes et destructrices.

Mme Prot pense que 50 % de la motivation des enfants et ados provient des parents. Et nous sommes forcés de reconnaître qu'elle a raison dans ses analyses. L'assistanat permanent qu'ils maintiennent autour de leurs rejetons, l'hyper-consommation, la mollesse et le culte de l'enfant-roi, l'enfant-sage, l'enfant-adulte... Elle identifie de nombreux freins à la motivation; culturels avec le culte du <<tout, tout de suite>>, du pré-mâché, le jeunisme, et les ravages des médias. C'est rafraîchissant de se rendre compte qu'il existe encore des experts sensés.

Le propos est accessible et l'on en ressort rempli. Elle nous montre qu'il n'existe aucune linéarité dans la vie: les parents doivent accepter les hauts et les bas de leurs gamins, aucune situation n'est définitive, figé dans le temps.

Elle démonte le fameux "qui veut, peut" en expliquant l'influence de l'environnement sur la volonté. Elle met à plat les méthodes garanties de réussite et la gourouisation de l'apprentissage et surtout la perte d'autorité des parents. Ce manuel du savoir-devenir parent devrait être vendu avec les landaus.

D'ailleurs, nous avons décidé d'effectuer quelques améliorations à notre service :

- Proposer aussi un accompagnement en un à un ou solo. Un tuteur - un élève. Le coût sera certainement prohibitif pour certaines familles puisque nous refusons de participer à cet assistanat fiscal généralisé. Mais nous croyons au sacrifice. L'on ne peut appliquer la même démarche à tous les enfants et surtout, les situations ne sont pas figées. Parfois, un enfant doit d'avoir travailler seul avant de le faire en groupe, ou vice-versa. Il faut arriver à déterminer quelle est la situation la plus confortable pour un enfant, à un moment donné. D'où

- Essayer de déterminer la motivation de l'enfant, le type de groupe de travail qui lui conviendrait (solo, duo, trio). Nous planifions de mettre en place un test QCM gratuit pour les enfants à suivre, sur notre site afin de répondre à ces attentes.

ça m'arrache les doigts de l'écrire, mais le coaching scolaire, exécuté par un vrai pédagogue, compétent et surtout raisonnable, peut se révéler efficace pour donner ou redonner envie aux enfants d'apprendre.

A condition de tomber sur Brigitte Prot, la seule que nous recommandons. Depuis le temps qu'on voit passer des vessies. Mais comme son cabinet se situe à Paris et qu'il affiche complet, le manuel suffira largement. Le coaching scolaire, comme tous les autres coachings et coachs autoproclamés, n'a aucun intérêt: c'est de la psychanalyse pour enfant.

- Et la psychanalyse, c'est quoi déjà, Charles ?

- Bullshit !

L

22 €

Osez le bon sens !

YDM

vendredi, décembre 16 2011

Rencontre avec Pierre-Jean Charra

Pierre-Jean Charra a créé le site www.actiftutor.fr, le spécialiste des cours en petits groupes. Nous avons découvert par le plus grand des hasards, qu'il nous avait précédé dans cette vision de soutien scolaire en petits comités en domiciliant sa structure dans le 16ème. Depuis 4 ans, il donne des cours à des enfants en difficulté scolaire et a pu expérimenter et maîtriser l'art de transmettre ses connaissances à une assemblée d'apprentis.

Cette disposition des tables pour les échanges entre les enfants et lui, illustre parfaitement le partage scolaire.

15122011411.jpg

Le tuteur est au centre des différentes interactions et gère le travail de chacun des enfants. Les enfants travaillent entre eux et avec le tuteur. Il en découle une motivation et une implication dans le travail plus accrues.

09122011399.jpg

Nous avons échangé avec lui sur son activité, sa vision du soutien scolaire et du système scolaire français.

Mr Charra a une formation d'ingénieur et est un chef d'entreprise ayant connu les hauts et les bas de la création. Nous donnons la parole à toutes les voix, et la sienne nous a paru pertinente.

Les réflexions portant sur la concurrence ont trait aux récents articles parus dans le numéro de Capital d'Octobre et sur des reportages, visibles sur Internet.


logoactiftutor.gif

Soutien scolaire Collège en petits groupes et Préparation aux examens

72, rue Michel Ange

75016 Paris

01 47 43 04 04

Osez le bon sens !

YDM

dimanche, novembre 27 2011

Power Balance, l'attrape-couillons démasqué

Powerbalance_s.jpg

Power Balance, quand bobo se confond avec gogo.

Nous avons appris par le plus grand des hasards et pour notre plus grand plaisir, que les créateurs du power balance avaient été condamnés aux USA à rembourser leurs consommateurs.

La société des surfeurs californiens (sur une chaîne nationale, l'on avait diffusé un reportage énamouré sur cette success-story) doit 57 millions de dollars pour publicité mensongère.

Cette fois-ci, ce n'est pas l'appât du gain qui a fait des dégâts, mais plutôt l'appât du bien-être ou l'époque.

Le silicone expliquerait les pseudo-effets bénéfiques. Cela nous a fait penser immédiatement à Lolo Ferrari, et à la Silicon Valley. Sacré silicone ! Il aura bien servi.

Les frères Rodarmel ont surfé (c'est le cas de le dire) assez aisément sur leur procurateur mystique d'équilibre et comme tous les mauvais escrocs, ont certainement fini par croire à leur mytho.

Nous sommes quasiment sûrs que les moutons qui se sont faits tondre, ont ou auraient été madoffiés. Ils ont les moyens de croire à de telles sottises; ils ne sont pas à plaindre. Ils ont cru aux recommandations de surfeurs; réputés. Et en con-somm-imitateurs avertis, ils ont adhéré.

La décence veut que nous ne citions pas toutes les stars, starlettes, vedettes et sportifs qui ont cédé à la mode du bracelet magique. Les déboires de sportifs américains suffiront à étancher notre soif de rire.

Nous ne perdons pas espoir de voir tomber d'autres arnaques de plus grand calibre et impact, vénérées par tous et dont nous ne pouvons citer les noms pour cause de déferlement de censure financière.

Osez le bon sens !

YDM

mardi, novembre 15 2011

La prostitution estudiantine existe-t-elle vraiment ?

822005_miss_sheila_3.jpgGenèse de notre observation

Nous avons longtemps utilisé l'argument de la prostitution des étudiantes pour apporter de l'eau à notre moulin. C'est d'ailleurs un argument qui porte très bien auprès des familles et des parents inquiets du devenir de leurs enfants. Comme les différents reportages des médias sur la hausse des loyers et la colocation ont toujours servi notre discours et la pratique du partage scolaire.

Curieusement, au moment de trouver des études scientifiques, des rapports de chercheurs ou de sociologues portant sur ce fléau, nous n'avons trouvé rien de probant. La seule qui s'est intéressée à cette forme de prostitution est Eva Clouet, étudiante en sociologie à l'université de Toulouse 2 et auteur d'un rapport publié chez Max Milo;

La_prostitution_etudiante.jpg

Vu l'incidence de ce type de phénomène sur l'éducation et la société, nous avons voulu avoir le cœur net, raffermir nos convictions, nos intuitions, en attendant les preuves irréfutables.

Il y'a quelques semaines, nous avons décidé de nous faire notre propre opinion sur la prostitution des étudiantes.

Nous tenions à savoir si cela était une extrapolation d'un phénomène marginal ou une réalité sociale.

Nous avons donc créé un compte sur un site de rencontres très usité par les étudiants. Nous y avons ciblé les jeunes de 18 à 23 ans et communiqué avec elles en leur demandant combien elles prendraient pour avoir une relation sexuelle tarifée.

Nous avons contacté au total plus d'un millier de jeunes filles de cette tranche d'âge, inscrites sur ce salon de discussions avec la ferme intention de confirmer l'évidence.

Le résultat est assez saisissant pour nous car, le silence a été massivement la réponse que nous avons obtenue.

Les rares intrépides qui ont répondu (moins de 10 sur des centaines de prises de contacts), l'ont fait pour nous réprimander. Quelques-unes, par bravade certainement, ont proposé des sommes astronomiques et deux d'entre elles ont négocié leurs prestations.

L'une d'entre elles était prête à venir de province passer le weekend contre 1000 euros. Les échanges initiés ont rapidement cessé, les concernées étant en réalité peu intéressées par notre demande. Nous osons l’espérer.

Une seule fille a poursuivi la discussion avec nous pendant plus d'une heure et a convenu avec nous d'une relation sexuelle contre 200 euros. Elle n'a finalement pas répondu à notre relance électronique, la veille du jour prévu pour cette rencontre.

Clairement, notre expérience a été un flop et montre plutôt que ces jeunes étudiantes sont moins vénales que l'on ne le laisse croire. Mais cela doit encore être étudié avec la rigueur nécessaire.

La prostitution en milieu étudiant est-elle un fantasme, une simple projection de nos propres angoisses ? Avons-nous tapé à la bonne porte, utilisé le bon canal ? Sommes -nous entrain de véhiculer un cliché social ? Est-ce un phénomène véritablement marginal ?

Il serait intéressant d'interroger des étudiantes qui ont dû faire preuve de "débrouillardises" pour terminer leurs études supérieures.

Des stratagèmes sont souvent évoqués ; se mettre en couple, se faire payer ses sorties, ses soirées et ses weekends par des prétendants, fréquenter un certain profil de garçons pour des raisons bassement pécuniaires... Nous sérions heureux de recueillir les témoignages en toute discrétion, bien évidemment !

Notre observation n'a aucune crédibilité scientifique, cela va de soi ! Néanmoins, des études mieux conduites, plus poussées seraient bienvenues pour éclairer la lanterne de la société, rasséréner les parents et trouver des solutions efficaces à cette bifurcation professionnelle, si elle s'avère significative.

Quelle est la proportion d'étudiantes prêtes à monnayer leurs corps pour financer leurs études ?

Les bourses d'études sont insuffisantes.

Le job étudiant se fait rare, de milliers d'employés licenciés se retrouvent en concurrence frontale avec nos jeunes élites intellectuelles sur des emplois peu qualifiés, précaires ou saisonniers.

Le travail illégal n'a jamais offert aucune garantie, notamment dans cette période de marasme économique.

Les restaurants et autres recruteurs spécialisés d'étudiants ne pourront jamais recruter tous les étudiants de France.

La crise s'accentuant, les revenus de parents baisseront dans les prochaines années, le budget éducation s'amincira davantage.

La diplomite comme protection sociale, se fera plus aiguë.

Bref,

Comment feront-elles pour louer un appartement à Paris, se nourrir, se vêtir, se déplacer et préparer leurs stages à l'étranger ?

Comment font les étudiantes aujourd'hui si elles ne sont pas aidées par leurs familles ?

Comment feront-elles demain quand elles n'attendront plus rien de leurs parents ?

Nous avons échoué dans notre tentative. Néanmoins, nous restons persuadés que notre proposition indécente rencontrera de moins en moins de réticences dans les mois à venir.

Osez le bon sens !

YDM

jeudi, novembre 10 2011

18-25 ans ou la traversée du désert de Gobi

924206_scream.jpg Actu

Redécouverte du phénomène prévisible de la hausse de précarité des 18-25 ans.

Réaction

a- Envisager de nouveau le CPE pour les étudiants

Hormis Villepin (pas sûr d'ailleurs), nous devons certainement être les seules personnes en France à défendre encore le CPE.

Cette mesure assez concrète, fut clouée au pilori par les syndicats étudiants qui ont visiblement du mal à défendre les intérêts des leurs. Nous avions été stupéfaits de savoir que des jeunes banlieusards étaient contre le CPE alors qu'il était une formidable aubaine pour eux, un contournement assez astucieux du problème de discrimination à l'embauche, bien plus efficace que le pathétique projet de CV anonyme. Un vrai marche-pied vers l'emploi.

Est-il encore utile de rappeler les taux de chômage en banlieues et surtout, les taux de chômage des jeunes, même diplômés de banlieues (40%) ?

Bilan de la situation, 6 ans plus tard :

- Villepin, le vaincu, est toujours à la cave, dans la résistance; il essaie péniblement de se sublimer.

- Julliard, l'emblème, a rejoint la maison-mère, la rose. Le héros de la cause estudiantine se repaît de sa glorieuse victoire comme adjoint à la mairie de Paris, en charge de la jeunesse. On se demande laquelle !

- Banlieue, synonyme, chômage des jeunes

- La France redécouvre la précarité des 18 - 25 ans !

Le CPE est une réponse efficace à cette augmentation de la précarité des jeunes. Il est capital de stimuler l'envie des patrons de s'attacher les services de néophytes dans les affaires.

La crise ne cessera pas de sitôt, et la réaction normale de tout dirigeant dans une telle situation de marasme économique, est de limiter ses prises de risques. Le CPE apporte cette flexibilité utile dans la difficulté. L'on doit être capable d'embaucher et de se séparer de salariés facilement.

Ce contrat se caractérisait par une période d'évaluation de deux ans, période durant laquelle le salarié pouvait être licencié sans motif. Les progressistes du dimanche n'y ont vu qu'une vile exploitation des jeunes salariés et une altération inacceptable des privilèges acquis dans les luttes syndicales des années 60. A l'évidence, ils ont eu tort. Comme d'habitude. Et ils ont manqué une occasion de négocier favorablement.

Nous sommes prêts à prendre le pari que les français suivraient illico le gouvernement qui proposera le CPE, même la première version.

b- Suivre la proposition de Bayrou : chaque entreprise crée ses deux premiers emplois sans charges salariales

Toujours dans la même veine que le CPE, cette mesure pourrait aider les TPE et les PME à décoller plus efficacement et inciter à la création d'entreprise et au final, à la création d'emplois.

Il existe 2 390 000 TPE, soit 96,6 % du total des entreprises françaises. Une part probablement significative de ces TPE est constituée d'entreprises ayant un seul salarié : le créateur. C'est donc un gisement considérable d'emplois pour les français et notamment pour les jeunes.

c- Favoriser l'entrepreneuriat

Le statut d'auto-entrepreneur est une bonne initiative qui permet à ces jeunes de pouvoir se créer leurs propres emplois et de pouvoir ainsi, avoir la satisfaction de servir son pays et de ne pas être un poids pour la communauté.

Un fonds social dédié à l'entrepreneuriat des jeunes pourrait être créé pour permettre aux jeunes de faire financer leurs études supérieures ou leurs entreprises. Chaque français aurait ainsi une cagnotte d'un montant fixe et financerait sa création d'entreprise s'il s'adresse à ce fonds avant ses 25 ans avec un projet concret. Cet argent sera automatiquement ajouter à son apport personnel s'il sollicite un emprunt bancaire ou l'ADIE.

Limitation drastique voire interdiction de subventions et de financement direct ou indirect, des associations ayant une visée commerciale qui, en réalité, créent une concurrence déloyale dans certains secteurs tertiaires comme le service à la personne. Certains semblent oublier que la différence fondamentale entre l'entreprise et l'association demeure le but. Seul le but, lucratif ou non lucratif, permet de différencier les deux parties.

Aussi, les pouvoirs publics n'ont pas à créer une distorsion de la concurrence en finançant les actions de certaines associations qui en profitent alors, pour pratiquer des tarifs bas, incompatibles avec une pratique rentable de l'activité. Le cas du soutien scolaire en une parfaite illustration. De nombreux jeunes pourraient créer leurs emplois dans ces services à la personne ou via Internet, support qui n'exige pas de gros fonds de démarrage.

Une association n'a pas vocation à faire des déficits, à déprécier un service en pratiquant des tarifs iniques et à être renflouée par nos impôts.

Soit l'on est charitable et altruiste, et l'on ne demande rien en retour,

Soit l'on est charitable et rentable, et l'on ne demande rien en retour

Osez le bon sens !

YDM

jeudi, novembre 3 2011

Le temps académique 1/3

DSC_0131-2-3.jpg

Article d'Yves paru sur son blog, en mars 2011. Il nous a paru intéressant de le partager avec vous.

"En retrouvant un de mes horaires de session du cégep St-Laurent de 1976, j’ai remarqué (parce que je venais, durant le même jour, de consulter l’horaire d’une étudiante) que ces derniers (les horaires) n’ont pas changés depuis plus de 40 ans ! Toujours le même format : des leçons de trois heures sur 15 semaines et pouvant comprendre jusqu’à 9 cours par semaine, soit 27 heures de cours. La question de la cadence scolaire m’est alors venu à l’esprit. Ce rythme que l’on nous impose et que l’on inflige à nos étudiants.

Nos cégeps ont connu, depuis 40 ans, diverses réformes et évolutions visant par exemple ; (1) l’approche programme ; (2) les nouvelles pédagogies plus actives ; (3) l’approche pédagogique des enseignants ; (4) l’intégration des TIC en classe.

Mais quand est-il de la cadence scolaire? Avons-nous, depuis 40 ans, réfléchis à aménager la cadence pour moderniser et corriger les conditions de vie et d’apprentissage de nos étudiants ? L’emploi du temps qui découpe la vie pédagogique en une succession d’heures de cours/semaine est-il encore acclimaté aux nécessités actuelles, besoins et obligations de notre enseignement ainsi qu’à l’observation des rythmes d’apprentissage de chaque étudiant ?

Derrière toutes les critiques sur l’échelonnement des vacances de nos élèves, des semaines de relâche ou du fait que des étudiants qui terminent certains cours peuvent se retrouver avec des semaines de 3 jours de cours ; certaines situations mettent à jour des questions qui sont, à mon sens, beaucoup plus fondamentales et critiques.

La cadence élémentaire de «nos cours» demeure encore, en 2011, le principe de l’organisation de notre vie pédagogique et institutionnelle. Cette dernière est répartie entre les grilles de l’emplois du temps des enseignants (32,5 heures/semaine) et selon la relation suivante : trois heures – un enseignant en classe – une discipline – une matière – un cours – une classe – des étudiants en présence obligatoire et sanctionnée. Cette cadence, ce rythme, demeure centrée sur les enseignants et l’institution et non sur les élèves. Il me semble que ce temps pédagogique n’est plus adapté aux besoins actuels de l’individualisation des apprentissages et de la diversité des étudiants.

Tenons compte du postulat de Burns et des statistiques suivantes :

un étudiant moyen (avec les horaires types actuels) passera environ 36,5% de son temps/semaine en transport, soins personnels, repas, loisir et travail ; 33,5% au sommeil ; 14% en classe (avec 8 cours) 12,5% en étude, lectures et devoirs et 3,5% aux autres activités de sa vie.

Nous remarquons alors que les activités d’apprentissage ne sont pas vraiment au centre de la vie de nos élèves, non ?

Au centre de nos horaires institutionnels, le temps académique est soumis à la concurrence du temps «flexible et libre» de nos apprenants (ce temps d’environ 70% comprendra le transport au cégep, les soins personnels, les repas, les loisirs, le travail rémunéré et le sommeil).

En opposition au 14% de temps de classe, la concurrence est-elle loyale et juste ? Combien de fois, lorsque vous donnez un cours de 15h à 18h le jeudi, voyez-vous un étudiant quitter à la pause parce qu’il travaille à 17h ? Je me remémore aussi certains de mes groupes, au fil des années, qui venaient dans mes classes pour un cours entre 15h et 18h et qui avaient eu comme déroulement de la journée ; un cours de 8h à 11h et un autre cours de 12h à 15h. Seriez-vous en forme, vous, pour venir suivre un cours de 15h à 18h dans ces conditions ? Croyez-vous cette situation propice et idéale aux activités d’apprentissage ?

Une de mes étudiantes, cette session, habite la région de Beloeil. Lorsqu'elle a un cours à 8h, elle se lève à 4h45 et quitte la maison à 6h pour arriver au cégep en temps, prendre son café et être disponible intellectuellement pour 8h. Sachant qu'il faut 7 ou 8 heures de sommeil pour être en forme, nous supposons qu'elle doive aller au lit vers 21h.

Souvent, elle termine sa journée à 18h, arrive à la maison vers 19h. Il lui reste donc 2 heures pour quelques temps de relaxation, souper, faire des devoirs ... en seriez-vous capable sur une base régulière? Le temps actuel et la gestion que nous en faisons n’est pas véritablement une ressource mise au service de la pédagogie efficace, ne croyez-vous pas ?

Dans mon prochain article, je discuterai de pistes de solution … au temps qui passe."

Suite : Le temps académique 2/3



Yves R. Morin

Enseignant - Chercheur

Montréal, Québec, Canada

- page 1 de 2