I

L'an quatre cent cinquante six,

Je, François Villon, écolier,

Considérant, de sens rassis,

Le frein aux dents, franc au collier

Qu'on doit ses œuvres conseillier

Comme Végèce le raconte,

Sage Romain, grand conseillier,

Ou autrement on se mécompte ...

II

En ce temps que j'ai dit devant,

Sur le Noël, morte saison,

Que les loups se vivent du vent

Et qu'on se tient en sa maison,

Pour le frimas, près du tison,

Me vint un vouloir de briser

La très amoureuse prison

Qui faisait mon coeur débriser.

François Villon

L'an quatre cent cinquante-six, moi, François Villon, étudiant, considérant, bien sain d'esprit, serrant les dents, tirant franchement au collier, qu'on doit peser ses actions, comme Végèce le démontre, le sage Romain, l'illustre conseiller, ou on s'expose à des mécomptes ...

En ce temps dont je viens de parler, à la Noël, saison de mort, où les loups se nourrissent du vent et où on se tient en sa maison, à cause du frimas, près des tisons, me vint un désir de briser la très amoureuse prison qui mettait mon coeur en pièces.

Suite et fin

Nous proposons notre exemplaire de Villon, poésies, édition de Jean Dufournet à la chaîne de lecture.

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Osez le bon sens !

YDM