Par ClaireYvesAndré

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Rythmes scolaires ou rythmes du sommeil ?

vendredi, mai 18 2012

Actu

Rythmes scolaires : changer, oui... mais comment ?

Réaction

950851_time.jpg

La commentosphère éducative bruisse avec entrain depuis la sortie de Vincent Peillon, le nouveau taulier.

Semaine de 4 jours, 4 jours et demi, 4 jours un quart, 5 jours, 6 jours et des poussières, ... Tout va y passer. Experts et expertises au taquet, brandissant moults exemples et contre-exemples de pays de l'OCDE, au programme allégé comme leurs fulgurances, au rythme de sénateur, à la réussite évidente.

Les nouveaux proprios ont emménagé; la déco va changer. Pourquoi ? Parce qu'ils l'ont promis. Et les anciens ? Ceux d'antan, débarqués d'il y'a une semaine ? Lesquels ? Ah ! bilan, plutôt nul !,... Pas très fute, fute, dirait Flo aux jeans Slim. Restons polis.

C'est reparti. Les rythmes scolaires. Il n'y'a pas à dire, l’Éducation nationale a le rythme dans la peau. Ils savent danser, gesticuler, tortiller du c** et du bassin, enflammer les salles de profs et les salons.

Des experts, chevronnés nous dit-on (vérolés, pensent très fortement certains mauvaises langues dont nous nous désolidarisons, bien évidemment) avaient recommandé une semaine de 4 jours : c'est passé. Un ministre est repassé : 4,5 jours. Un autre vient de passer : retour à 5 jours. Ils avaient tous de bonnes raisons. Et nous présupposons que tous ces proprios successifs avaient la réussite de nos petits frères et sœurs chevillée au corps. Ils ont fait des réformes.

A l'évidence, depuis quelques décennies, l'ex-capocannoniere France est en grande méforme. Diagnostic évoqué : ostéoporose scolaire avancé.

Nous éviterons de nous enliser dans ce débat sans véritable intérêt. Semaine de 4 jours, 4,5; 4,75; 4,9; 5... Non importa. Sarà ancora un bello casino, a prédit un chercheur italien, en sociologie de la sociologie de la chronobiologie chez les ovidés.

Une semaine à 4 jours avec moins de jours de congés et de vacances serait-elle moins efficace qu'une semaine de 5 jours avec farniente avant, pendant et après les classes ?

Escarmouches d'experts. Phosphorez, PISA fera les comptes.

Le problème n'est pas tant la durée que la qualité du temps passé à l'école, l'efficacité. Mais là, le chantier deviendrait dangereux. Quelques protagonistes, trop d'antagonismes, trop d'intérêts en jeu.

D'après nous, la question repose d'abord sur le but de ce système éducatif.

Une Por*che avec un moteur de Twi*go

C'est ce à quoi nous ont habitué les différents pontes de la glose. Chaque équipe ministérielle a sorti son châssis aérodynamique, écologique, démocratique et adapté aux exigences du marché de l'intelligence; et le cas échéant, de l'emploi.

Rythme scolaire. Branl**** intellectuelle ? Délire d'ingénieurs de l'éducation qui à chaque salon, exposent leurs fantasmes technologiques au grand public. Concept-cars, nous précise Charles. Concept-schools.

Rythme scolaire, disent les savants du savoir. C'est joli, futuriste, fantastique, utile comme un ministère de la réussite éducative, et toujours coûteux. Mais sorties des chaînes de production, en l'occurrence, des chaînes de reproduction, des citadines entrée de gamme; ZEP, ZUP et busing pour les plus burnées.

Ils ont la solution à votre problème très passager. Enfin une des solutions, soyons honnêtes. Rythme scolaire. Un châssis de Por*che Booster recouvrira votre moteur 6 CV. Vous roulerez aussi en Por*che.

Twi*go avec un moteur de Por*che

Ce serait l'idéal; ce que vous promettez tous les tauliers. Malheureusement pour vous, c'est un privilège dévolu à quelques nantis, tricheurs et débrouillards; qui débrident le moteur personnel de leurs enfants pour en faire des as du circuit scolaire. Citez des exemples, c'est s'exposer à de lourdes représailles. Alors, motus et bouches cousues. Yeux ouverts tout de même. On ne sait jamais ...

Twi*go avec un moteur de Twi*go

Cela s'appelle le réalisme. Accepter sa situation et optimiser au mieux, ses capacités. La réussite scolaire pour tous est soumise à tellement de paramètres que laisser croire qu'il suffirait d'appuyer sur 2-3 boutons pour relancer la machine, est pur fantasme.

Le rafistolage se doit d'être plus axé sur le moteur, le contenu que sur la cabine, pour que les usagers s'en contenter sans faire d'esclandre. Égalitarisme forcené qui, à terme, sécrétera des tricheurs et des débrouillards, soucieux de garantir à leur progéniture une réussite professionnelle; un yacht à la fin de chaque banqueroute réussie.

Por*che avec un moteur de Por*che

C'est ce qui se fait de mieux. Concentré de technologies, de minutie. N'en déplaise aux écolos. Dans le système scolaire, c'est la Finlande, Corée du Sud, Singapour, Japon. Selon Herr Pisa.

Simplement, cela requiert sacrifices, renoncements, exigences, performances, discipline, argent.

Et brownie sur la choucroute, les exemples sus-cités sont aussi adossés à un fait social incontestable : l’homogénéité sociale.

Le Canada fait figure d'exception dans le top 10. Sans doute est-ce le modèle à benchmarker, pour employer un terme de connaisseurs.

Exigence, discipline, performance : trop durs à avaler pour la techno-structure, pour les gens bien; qui font la queue pour envoyer leurs enfants dans le privé mais adorent l'école publique plus que de raison.

La Corée de Sud, au sommet de la chaîne scolaire, est si vilipendée, honnie: repoussoir absolu. Mais, au sommet. Il est vrai que chez eux, rythme scolaire serait plutôt compris comme accommodements raisonnables entre mes RTT, mon CDI et le très probable futur RSA de mes enfants. Mais, nous n'avons pas les mêmes histoires, n'est-ce pas ?

En définitive, les 2 questions fondamentales sont :

- Dans quelle voiture vous voulez rouler ?

- Dans quelle voiture vous pouvez rouler ?

De ces deux réponses découlera le châssis. Le rythme scolaire.

Osez le bon sens !

YDM

Les formes de tutorat classées par Alain Baudrit

jeudi, mai 17 2012

Extraits du livre d'Alain Baudrit, livre à recommander automatiquement pour toute personne souhaitant connaître et comprendre tous les bienfaits du tutorat concernant la lutte contre l'échec scolaire.

Tuteur_une_place__des_fonctions__un_metier.jpeg

Alain Baudrit

Professeur des universités et responsable scientifique du groupe de recherche DEFP (Dynamiques de l'Éducation, de la Formation et de la Professionnalisation) à l'Université Victor Segalen - Bordeaux 2. Spécialisé dans la psychologie sociale des apprentissages, il a déjà publié cinq ouvrages aux Éditions De Boeck : Le tutorat : une solution pour les élèves à risque ?, Le tutorat. Richesses d'une méthode pédagogique ; L'apprentissage coopératif. Origines et évolutions d'une méthode pédagogique ; L'apprentissage collaboratif. Plus qu'une méthode collective ? ; Relations d'aide entre élèves à l'école; Le handicap en classe : une place pour le tutorat scolaire ? (en collaboration avec Élisabeth Dambiel-Birepinte).

Source : supérieur deboeck

Le monitorat ou le tutorat ?

Adopté au début du XIXe siècle pour palier le manque de fonds publics et la pénurie d'instituteurs, l'enseignement mutuel a connu des fortunes diverses. Pris au sérieux par les uns, taxé d'insuffisances par les autres, il a pour origine deux systèmes pédagogiques particulièrement bien étudiés par Tronchot (1972) et Lesage (1975). La << leçon mutuelle >> du Dr Bell met l'accent sur l'instruction de l'enfant par l'enfant; le << système monitoral >> de Lancaster insiste sur le rôle de moniteur confié aux meilleurs éléments de la classe. En somme, ces derniers sont chargés d'instruire les élèves considérés comme faibles, ce afin d'alléger la tâche des enseignants confrontés à des effectifs pléthoriques. Page 1

Le monitorat ne présuppose pas une réciprocité des relations entre les différents acteurs à l'intérieur de la classe. Le tutorat (expression plus récente pour désigner un système quelque peu différent) ne résout pas ce problème, il le déplace. Que faisaient les moniteurs, que font les tuteurs ?

Quand les premiers avaient pour mission d'instruire, d'enseigner la lecture, l'écriture et le calcul à leurs pairs ; les seconds sont chargés de les aider là où ils rencontrent des difficultés d'apprentissage (Charconnet, 1975, p. 5). Lorsque les premiers s'évertuaient à effectuer des corrections ou des rectifications; les seconds tentent de conseiller, de donner des explications (Lesage, 1975, p. 66). Avec un statut de << sous-maître >>, les premiers avaient une position hiérarchique; les seconds sont plutôt les assistants des enseignants (Charconnet, 1975, p. 65). Ce faisant, l'autorité et les interventions disciplinaires des uns contrastent avec le rôle pédagogique des autres (Lesage, 1975, p. 67). Les moniteurs s'adressaient à des plus jeunes ; les tuteurs peuvent avoir le même âge que leurs tutorés (Charconnet, 1975, p. 56). Quand les premiers devaient s'occuper d'une dizaine d'enfants ou plus ; les seconds ont en face d'eux des groupes plus restreints, voir une seule personne (Topping, 1988, p. 16 ; (Gordon et Gordon, 1990, p. 308; Wagner, 1990, p. 39)

Le tuteur apporte au tutoré sans recevoir de lui. Mais, à la différence du moniteur, ses interventions sont d'un autre ordre. Plus individualisées, faites pour aider en cas de difficultés, elles ont peu de choses à voir avec l'instruction ou la mise en œuvre d'une quelconque autorité. L'enseignement mutuel est réapparu grâce à ces dernières caractéristiques. Par exemple, au début des années soixante, les responsables américains des programmes d'éducation incluent le tutorat dans les politiques d'éducation compensatoire (Topping, 1988, p. 16-17). Cette formule est jugée apte à réduire l'échec scolaire dans les milieux sociaux défavorisés, et intéressante pour l'intégration des populations immigrées. Page 2

Par contre, des points communs existent. Par exemple, tuteurs et moniteurs peuvent être considérés comme des non-professionnels (Finkelstein et Ducros, 1989, p. 15). L'idée de métier est donc à écarter les concernant, bien que leur efficacité tienne à des compétences et à des savoir-faire assez précis. Page 4

Autant le monitorat se caractérise par une certaine rigidité ; autant le tutorat semble être une formule souple, adaptable à de nombreuses situations. Page 4

Effet tuteur ?

Maintenant, que dire des apports de ces formules au niveau des moniteurs ou des tuteurs ? Sont-ils seulement des sous-maîtres ou de simples assistants pédagogiques des enseignants ? Ce n'est pas certain. Gartner, Kolher et Riessman (1973) ont eu le mérite de reparler d'un phénomène connu depuis longtemps, mais plus ou moins tombé en désuétude : l'effet tuteur. Lorsqu'un enfant est amené à s'occuper d'autres enfants, il tire des bénéfices personnels (en termes d'apprentissage) de cette expérience; ceci parce que << le jeune est obligé d'étudier la matière à fond avant de l'enseigner à un camarade ; il faut qu'il organise son cours, qu'il observe un autre élève et parvienne à établir un contact avec lui >> (ibid., p.27). Page 3

Les types de tutorat

Comment associer tuteurs et tutorés ? Comment utiliser la formule tutorale en fonction des besoins locaux ? Quelles sont les différentes variantes possibles ? Ces questions nous conduisent à recenser les organisations adoptées ici ou là par les promoteurs de projet incluant, de façon dominante ou accessoire, le tutorat.

Par exemple, Melaragno (1976) évoque quatre types de tutorat à l'intention d'élèves d'origine mexicaine ( programme Pocoima en Californie). Le tutorat inter-niveau (intergrade tutoring) mobilise des élèves en fin de cursus élémentaire (les tuteurs), et d'autres scolarisés en première année (les tutorés). Il s'agit de la formule tutorale la plus classique, la plus connue et, certainement, la plus utilisée. L'écart d'âges semble garantir la qualité de l'aide apportée aux jeunes. Le tutorat inter-école (interschool tutoring) est la seconde possibilité. En général, des étudiants de junior high school sont les tuteurs d'enfants d'écoles élémentaires. Encore une fois, la différence d'âges explique l'utilisation de la formule. Toutefois, dans ce cas les tuteurs sont souvent volontaires pour ce genre d'expérience et, de surcroît, peu préparés à ce type de tâche. La troisième forme est le tutorat intra-classe (intraclass tutoring). A l'intérieur d'une même classe, des binômes sont formés avec un tuteur et un tutoré. Les tuteurs sont recrutés en fonction de leur degré de compétences, les tutorés sont identifiés à partir de leurs manques ou de leurs besoins. L'avantage réside alors dans l'individualisation de l'aide fournie aux seconds. Enfin, la quatrième formule est appelée tutorat informel (informal tutoring) par Malaragno. Nous retrouvons ici le tutorat inter-niveau, dont le caractère informel tient à la diversité des activités et des lieux. Les plus âgés peuvent aider les plus jeunes en mathématiques, dans les activités artistiques, mais aussi sur les terrains de jeux, à la bibliothèque, lors des sorties, etc. Il n'y pas, au départ, une organisation spéciale, des appariements particuliers, une fréquence préétablie; il s'agit plutôt de concours de circonstances. Deux classes se retrouvent à la bibliothèque, et les grands aident les petits dans la recherche documentaire. Des élèves de différents niveaux sont dans la même salle d'étude, et un scénario similaire se produit. En somme, il est possible de parler de tutorat spontané concernant une formule qui, par nature, n'a rien de prémédité ou n'est pas particulièrement pensée à l'avance. Page 8

Quoi de mieux qu'une forme de tutorat spontané, laissant libre cours à l'imagination et à l'inventivité des tuteurs, pour faire oublier l'austérité de certaines salles de classe ? Page 9

Le tutorat réciproque s'apparente effectivement à l'aide réciproque dont parlent Forman et Cazden (1985), ou encore à l'enseignement réciproque cher à Palincsar et Brown (1982).

L'échange, la discussion à deux ou à plusieurs, sont de nature à faire évoluer les connaissances de chacun. Mais outre cet avantage, le tutorat réciproque est intéressant en ce qu'il n'enferme les acteurs dans des rôles durables. Parce que, selon les circonstances, selon les domaines explorés, la personne se retrouvera en position de tuteur ou en position de tutoré, elle ne pourra pas asseoir une quelconque supériorité ou souffrir d'une impression d'infériorité. Page 10

Le tutorat alterné lui ressemble à s'y méprendre. Tour à tour, la personne tient le rôle de tuteur ou celui de tutoré. Il lui est impossible d'échapper à l'un et à l'autre, ceci de façon encore plus nette. Page 10

Un éducateur du XIXe siècle, William B. Fowle (cité par Gartner, Kolher et Riessman, 1973, p. 33) avait bien saisi les avantages permis par le tutorat alterné : << L'enfant peut diriger sa classe pendant une heure conformément aux règles fixées par le maître et bien comprises par chaque élève ; l'heure après, il peut être dirigé par l'un de ses élèves auxquels il vient de faire cours; le monitorat tel que je l'ai pratiqué est un système réellement démocratique : chaque enfanta en effet la chance de remplir la fonction de moniteur, bien que seuls les plus qualifiés et les plus méritants aient été désignés. Les enfants étant de temps en temps dirigés il y'a moins de chances qu'ils deviennent dominateurs et, ayant l'occasion de commander, ils sont moins facilement serviles >>. Page 11

Une autre variante du tutorat alterné est visible au centre de Vineland (New Jersey). Un programme destiné aux enfants de familles d'immigrés économiquement faibles est mis en place avec deux objectifs complémentaires : apprendre la langue anglaise et améliorer la communication. Le principe d'entraide est adopté à l'intérieur de situations dyadiques. Les deux élèves s'aident mutuellement pour étudier, chacun vérifie et corrige le travail de l'autre. Encore une fois, même s'il n'est pas véritablement contrôlé, le tutorat alterné est vivement souhaité. Page 12

Plusieurs possibilités existent pour y parvenir. Elles sont repérables sur un continuum allant du tutorat structuré (structured tutoring) au tutorat non structuré (non structured tutoring), analyse que l'on doit à Devin-Sheehan et Allen (1976, p. 254). A un extrême, tout est prévu, pensé et organisé; à l'autre, improvisation, hasard et flexibilité sont de mise. Les auteurs considèrent que le premier est plus favorable aux tutorés, le second aux tuteurs.

Le tutorat tournant est encore une autre façon de faire (Newmark, 1972). Dans une classe, des équipes sont constituées. Dans chacune, il y'a des élèves dont les connaissances dans les différentes disciplines scolaires sont supérieures à celles de leurs camarades (les tuteurs potentiels). Cependant, ces élèves ne sont pas liés à telle ou telle équipe. Ils vont de groupe en groupe en fonction des besoins exprimés et des demandes manifestées par leurs pairs. Cette méthode présente l'avantage d'exploiter à bon escient les compétences des élèves en avance, de les rendre utiles pour les autres. Mais il s'agit d'un système assez lourd qui demande un << temps de rôdage >> important. Page 12

Nous retrouvons des tuteurs du premier type dans une université d'Afrique du Sud : l'Université de Western Cape (Leibowitz et al., 1997). Cette fois, les tuteurs-conseillers ne sont pas là pour veiller au bon déroulement du parcours universitaire des étudiants, ils interviennent dans un << centre d'écriture >> auprès d'étudiants ne maîtrisant pas, ou maîtrisant mal l'anglais. Ils sont conseillers en ce sens qu'ils sont à la disposition de ces étudiants pour les aider dans l'accès à la langue anglaise écrite, pour rédiger des textes ou pour résoudre des problèmes particuliers d'écriture. Ils n'interviennent jamais au niveau des contenus académiques ou des cours dispensés dans cette université. Lorsque c'est le cas, à l'école comme à l'université, il est possible de parler d'un tutorat d'appoint. Page 13

D'autres chercheurs ont essayé de montrer les bienfaits du tutorat d'appoint. Malheureusement, leurs protocoles de recherche ne sont pas toujours bien adaptés ; c'est ce que montrent Feldman, Devin-Sheehan et Allen (1976). Par exemple, Ellson, Harris et Barber 1968) ou Ronshausen (1972) tentent bien de comparer le tutorat d'appoint (tutoring plus classroom instruction) par rapport à l'enseignement courant réalisé dans les classes. Mais ils égalisent les durées de fonctionnement de l'un et de l'autre. Ce qui revient à mettre en perspective le tutorat classique (un élève aide un autre élève) et l'enseignement classique (un maître enseigne un élève), comme ont pu le faire Bausel, Moody et Walzl (1972). Ces derniers montrent d'ailleurs (en contrôlant les progrès des tutorés) la supériorité du premier sur le second. Page 17

Avec des petits groupes, ces tuteurs pourront plus aisément prendre confiance en eux, acquérir une certaine assurance ; conditions indispensables à l'animation de groupes plus étoffés. Page 18

Le tutorat imposé et le tutorat volontaire ont chacun des avantages et des inconvénients. Le premier permet sans doute à certaines personnes d'exprimer des qualités au niveau de l'aide et du soutien envers d'autres personnes, qualités restées jusque-là en sommeil en l'absence d'incitations ou d'encouragements. Le second s'appuie sur la motivation intrinsèque dont Garbarino (1975) montre l'importance. Des tuteurs avec des attentes identifiées en termes de récompenses matérielles ou financières (motivation extrinsèque) réussissent en général moins bien que d'autres dont le seul motif est d'être attirés par ce rôle (motivation intrinsèque). Plus positifs dans leurs interventions, plus chaleureux, ces derniers font progresser leurs tutorés de façon significative. Page 19

Outre les niveaux d'expertise, les manières de choisir les tuteurs, les chercheurs se sont intéressés aux différences d'âges entre les acteurs. Les deux dernières études s'appuient sur des écarts de trois et cinq ans ; évidemment, ces différences peuvent être augmentées ou diminuées. De façon très sommaire, une première distinction est faite entre le tutorat avec équivalence d'âges (Same age tutoring) et le tutorat avec écart d'âges (Cross-age tutoring). Winnykamen (1996) propose une revue de questions intéressante à ce sujet. Elle reprend les principaux travaux américains et européens pour donner, en conclusion, l'avantage au cross-age tutoring. En effet, lorsque la différence d'âges est maximale (en l'occurrence avec des tuteurs adultes et des tutorés enfants), les bénéfices qu'en retirent ces derniers atteignent, eux aussi, un maximum. Pourquoi ? Parce que les tuteurs adultes font preuve de compétences que l'on ne retrouve pas obligatoirement chez les tuteurs enfants. Quelles sont-elles ?

Tout d'abord, les tuteurs adultes produisent plus d'informations, et surtout plus d'informations verbales que non verbales, données précieuses qui permettent aux tutorés de comprendre ce qui leur est demandé. Ensuite, le travail de guidage semble mieux assuré par les tuteurs adultes au regard de trois aspects : l'orientation de l'activité, l'apport de conseils utiles et la gestion relationnelle. Contrôler les manipulations des tutorés, leur donner des indications pertinentes, maintenir leur attention, ceci en même temps et sans relâche; c'est trop pour des tuteurs enfants qui, en fin de compte, sont victimes d'une sorte de surcharge cognitive. D’où leurs difficultés à guider efficacement leurs pairs. Enfin, les adultes sont plus sensibles aux besoins des tutorés bien que, sur ce point, les différences entre les uns et les autres ne soient pas énormes.

En définitive, l'avantage est bien du côté des tuteurs adultes, reconnus plus efficaces que les tuteurs enfants pour l'aide apportée aux novices. Page 21

Tuteur_une_place__des_fonctions__un_metier.jpeg

Du rififi dans la recherche de l'université Paris VIII

mercredi, mai 16 2012

LE.PLAGIAT.DE_.LA_.RECHERCHE-191x300.png

L’université Paris 8, sa direction, sa Commission déontologie et sa thèse-pur-plagiat « écrite sous le signe de l’excellence »

Posté par Jean-Noël Darde

Comment le président de l’université Paris 8 et les membres de la Commission déontologie – les trois vice-présidents, les directeurs des quatre Écoles doctorales et leurs experts – ont-ils promu une thèse-plagiat « écrite sous le signe de l’excellence » ? Notons que la majorité des universitaires cités dans cet article siègent aussi soit dans les Comités de sélection, soit au Conseil National des Universités (CNU), soit comme expert de l’Agence d’Évaluation de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (AERES). Certains collaborent avec les trois instances. À elles trois, ces instances se voient confier l’évaluation des travaux des enseignants-chercheurs et les décisions concernant leurs carrières. Expertises fantaisistes et excellence douteuse sont au rendez-vous. Paris 8 n’est pas la seule université touchée par ce type de situation. C’est, en partie, le résultat des politiques marketing d’évaluation et d’excellence telles qu’elles ont été mises en place brutalement sous le gouvernement précédent.

                                                                                      * * *

I

Mail.PLAGIAT.DEA_.SHS_.27.02.2010-284x300.png

Université Paris 8, mai 2006 : l’alerte est donnée concernant un étudiant inscrit en thèse dont le mémoire de DEA s’était révélé être un assemblage de plagiats (voir illustration ci-contre et le texte intégral du mail en format pdf, ici). Nous avions aussi, le 12 mai 2006, fait communiquer à l’ensemble de nos collègues notre article mis en ligne sur le site du Professeur Bergadaa (université de Genève) : Le Briquet de Darwin.

Le refus d’annulation de ce diplôme de DEA et de la radiation de l’inscription en thèse (en Sciences de l’information et de la communication, 71e section du CNU) est voté à l’unanimité des voix, exceptée la nôtre, par une assemblée d’enseignants-chercheurs, notamment par le professeur Imad SALEH, directeur du Laboratoire Paragraphe au sein duquel la thèse était en cours de « rédaction ».

.

II

Laboratoire-Paragraphe.Sous-le-signe-de-l-excellence1-300x176.png

Moins de trois mois après ce vote qui blanchissait ce mémoire de DEA plagié, son auteur soutenait brillamment une thèse, assemblage de plagiats (cf. Thèse-plagiat : le sixième juré et les félicitations).

Le jury de soutenance était présidé par Gilles BERNARD qui sera vice-président de l’université Paris 8. Cette thèse est encore aujourd’hui présentée sur le site du Laboratoire Paragraphe comme « écrite sous le signe de l’excellence » (cf. illustration ci-dessus et texte intégral ici ou là : http://paragraphe.univ-paris8.fr/ergolab/immedia/P-variances.html .

.

III

SUDOC-THESE-PLAGIAT-S.H.-SUH-300x175.png

Ce n’est qu’à la fin de l’année 2009, que nous avons eu connaissance du résumé de cette thèse mis en ligne sur le site de l’université Paris 8 et avons ainsi appris qu’elle avait été soutenue. Ce résumé est déjà truffé de plagiats (cf. « LE RETOUR AU RÉEL » : CACHE-CACHE PLAGIAT).

Au début de l’année 2010, le président Pascal BINCZAK et les trois vice-présidents de l’université Paris 8, Elisabeth BAUTIER (CS), Christine BUISSOU (CA) et Jean-Marc MEUNIER (CEVU), sont alertés de cette situation cocasse.

Conséquemment, une Commission déontologie composée des trois vice-présidents et des quatre directeurs d’Écoles doctorales de Paris 8 est créée pour se saisir du dossier plagiat. Après une longue expertise (2010-2011), la Commission déontologie confirme en 2011 la validation de la thèse en question par son jury de soutenance. La thèse, « hautement appréciée », est maintenue dans le fichier SUDOC de l’Agence bibliographique de l’Enseignement supérieur (ABES) :  » Identifiant pérenne de la notice : http://www.sudoc.fr/132176912 . « (la notice SUDOC intégrale en format pdf, ici.)

IV

Couv.these_.Sang-Ha-SUH-207x300.png Le professeur Khaldoun ZREIK, mis en cause comme plagiaire sur mon blog Archéologie du copier-coller, a déposé une plainte en diffamation à mon encontre (cf PARIS 8, PROCÈS ET PLAGIATS).

.

Dans le dossier présenté au tribunal, Khaldoun ZREIK se prévaut de l’expertise de la thèse de Sang-Ha SUH par la Commission déontologie pour tenter de convaincre le tribunal de ma prétendue mauvaise foi et obtenir ma condamnation (pièce n° 11 des 21 pièces remises par K. ZREIK au tribunal).

.

Pour mieux convaincre, K. ZREIK s’appuie aussi sur les déclarations de Pascal BINCZAK, président de l’université (pièce n°19) d’Imad SALEH, directeur du laboratoire Paragraphe au sein duquel la thèse a été « rédigée » (pièce n° 20), et Ali CHERIF, directeur de l’UFR MITSIC dont dépend le département Hypermédia où enseignent Imad SALEH et Khaldoun ZREIK (pièce n° 18).

.

V

mail.a.E.BAUTIER.et_.M.BARRA-JOVER-227x300.png

Pour nous permettre de répondre à cet argument et assurer notre défense, nous avons demandé à Elisabeth BAUTIER (vice-présidente du CS et présidente de la Commission déontologie) et Mario BARRA-JOVER (directeur de l’école doctorale CLI, celle de la thèse-plagiat) la communication des résultats de l’expertise dont le plaignant se prévaut (Texte intégral de ce mail ici).

.

Élisabeth BAUTIER nous a brièvement répondu : Je ne peux accéder à vos demandes. .

.

.

.

VI

À défaut de disposer de l’expertise de la Commission déontologie, voici la nôtre, ou du moins son esquisse, une première image, très provisoire, de cette thèse écrite « sous le signe de l’excellence » et « hautement appréciée » par la direction de Paris 8 :

La suite sur Archéologie du "copier-coller"

Par Jean-Noël Darde

Le gratuit dans le numérique

mardi, mai 15 2012

Le gratuit dans le numérique, vu du livre d'Olivier Bomsel

Olivier_Bomsel.jpeg

Télécharges-le, c'est gratuit ! Si l'on faisait le décompte de tous les services qui nous sont proposés quotidiennement au motif de gratuité, nous pourrions clairement dire que les entreprises sont des bienfaiteurs de l'humanité.

Il nous a paru intéressant de comprendre ce phénomène social. Quelques clics sur internet nous ont permis de tomber sur un entretien d'un économiste traitant de la gratuité dans le monde numérique.

Aussi, nous avons commandé le livre d'Olivier Bomsel, Gratuit! Du déploiement de l'économie numérique, folio inédit 2007, pour comprendre les mécanismes qui ont permis sa prolifération sur la toile.

Grâce aux explications de cet ingénieur devenu économiste et professeur à l'école des mines, nous avons pu saisir l'émergence de Google, Facebook, Free, ... et toutes ces entreprises numériques qui ont usé du gratuit pour nous vendre des services bel et bien payants.

C'est une plongée assez édifiante sur les effets de réseau, les subventions permettant l'atteinte des masses critiques et la constitution de dominations monopolistiques ayant cours dans le web.

"La thèse de ce livre est qu'il existe un lien entre gratuit et numérique dont l'explicitation fournit un éclairage alternatif à la doctrine des coûts. Ce lien est fondé sur un mécanisme central appelé "effets de reseau" dont l'espace est non pas celui de l'offre, de la fonction de production, mais celui de la demande et de sa dynamique. Ce mécanisme repose sur la propriété des objets symboliques faisant que "plus un produit est consommé et plus il est utile". Cette propriété tient, dans l'économie numérique- autrement dit, l'économie des signes - un rôle central, subrogeant les économies d'échelle." page 29

Nous avons rencontré Mr Olivier Bomsel pour qu'il nous explicite son propos. Force est de constater pour nous que la vidéo enregistrée n'apportait rien d'aussi pédagogique et charpenté que celle que nous avions vu au départ.

Et je dois reconnaître très modestement que ma prestation a été en deçà de tous mes standards (quand on sait à quel niveau je me situe, c'est dire). Authentique, pas masochiste. Et puis, nous ne montons pas les vidéos. Les règles sont faites pour être respectées. Nous les respectons scrupuleusement.

Nous avons préféré vous proposer ces explications du livre bien plus percutantes.

Il n'en demeure pas moins que le sujet est très bien traité et accessible (Mr Bomsel m'a déclaré l'avoir écrit pour des élèves de Terminale ES). Vous mettrez des mots savants sur ces mécanismes que vous subodorez. Vous aurez des explications de notions parfois rébarbatives (théorie de Coase, Modèle de Rohlfs, règles de propriété, ...) et la genèse de célèbres mastodontes numériques.

Bien évidemment, il fait des incursions dans des domaines numériques majeurs comme la téléphonie mobile, le Peer-to-peer, et la recherche sur internet avec Google, où il explique leur émergence, les raisons de leur succès et surtout les effets de réseau créés pour acquérir les masses critiques indispensables aux financements de leurs modèles.

Très pédagogique et richement pourvu, les effets de réseau n'auront plus de secret pour vous.

Olivier_Bomsel.jpeg

En définitive, rappeler savamment quelques vieux poncifs en ces temps de légèreté ambiante, ne peut qu'être utile aux consommateurs compulsifs que nous sommes devenus.

La gratuité n'a rien de gratuit.

Qui paie la gratuité ? Parce qu'il y'a toujours quelqu'un qui paie. Les annonceurs ou les abonnés (les mugu).

Qui paie les annonceurs ? Les gaou.

Qui est le gaou ? C'est nous.

C'est un livre que nous recommandons vivement et que nous avons inclus dans notre chaîne de lecture.

Osez le bon sens !

YDM

Comprendre le gratuit en banlieue

Le gratuit en banlieue, vu de ClaireYvesAndré

En banlieue, la prégnance de la gratuité est saisissante. Ce qui n'est pas gratuit paraît suspect.

Combien de fois dans le cadre de notre activité de soutien scolaire n'avons-nous pas entendu des prospects nous déclarer avec aplomb :

- C'est payant, chez vous ?

Interloqués de découvrir qu'en effet, nous avions commis un crime de lèse-majesté de proposer un service payant de soutien scolaire dans la Seine Saint-Denis.

D'où vient le fait que nous recevions moins d'appels quand nous faisons passer des annonces payantes dans le journal de Saint-Denis et largement plus quand nous publions des petites annonces pour étudiants ?

Les exemples pullulent et nombre d'entreprises coulent à cause de ce principe de gratuité; ce sentiment de passer pour un pigeon si l'on paie pour un service.

Nier les difficultés financières des familles du département serait malhonnête et stupide. Mais nier le fait que la gratuité soit devenue un "pilier" social en banlieues l'est tout autant.

Le gratuit assèche l'initiative et le respect de soi dans nos cités.

Il faudra répéter sans cesse aux nôtres et notamment aux plus jeunes, nés dans ces quartiers, ces générations free natives, qu'il est digne de payer pour un service. La gratuité n'est qu'un artifice politique pour continuer de dominer et contrôler les banlieues. Tant que vous aurez la main tendue, nous n'aurons aucun respect. Au lieu d'instituer des devoirs de mémoires, nous devrions d'abord nous rééduquer à payer, à se faire respecter : à rester dignes.

Bien évidemment, lorsqu'on est plongé dans le dénuement le plus complet, la solidarité ne peut être que promue pour permettre à celui qui est tombé de se redresser. Mais, cela doit être momentané et non chronique.

Cela devient gênant quand des familles insérées dans la société, ayant un emploi et des revenus corrects, de petits fonctionnaires ou d'ouvriers, réagissent comme des familles RMIstes.

Les politiques et les médias ont laissé croire qu'en banlieue, il n'y'avait que chômeurs, délinquants, mendiants. Cela semble avoir très bien réussi et imprègne les mentalités et les réactions des habitants qui y vivent.

Et puis, si certains quartiers ont 40% de chômage de jeunes, cela veut dire qu'il y'a 60% de travailleurs jeunes actifs. Où sont-ils dans ces représentations victimisantes ?

Le gratuit mène au pleurnichard, au mendiant, au fainéant. A tous ces stigmates qui affublent nos cités. Il y'a du désespoir dans les halls d'immeubles, beaucoup de peines et de problèmes qui arpentent les rues de nos villes. Mais, si nous sommes des battants, alors nous devons d'abord nous affranchir de cette drogue qui nous maintient dans la mouise.

La banlieue ne s'en sortira jamais avec de l'associatif et des incantations de politiques. Elle s'en sortira quand elle multipliera des exemples de réussites professionnelles; des médecins, comptables, maçons, menuisiers, plombiers, commerçants, paysagistes, chauffeurs, garagistes...

C'est honteux pour un africain d'être obligés d'acheter de la nourriture africaine dans un magasin détenu par des chinois. Honteux pour nous. Et laisser croire le contraire est criminel. Qu'ils aient quelques échoppes, c'est normal et personne n'aurait rien à redire. Qu'il ait peu d'africains détenteurs de ces boutiques, centrales pour notre alimentation, est absolument parlant. L'évidence devrait nous sauter aux yeux. C'est une conséquence directe du gratuit. Il induit des comportements sociaux déresponsabilisants.

Même des familles aux revenus corrects se sentent obligés de faire pauvre, d'afficher pauvre, de penser pauvre.

Le gratuit irrigue nos réflexes. Cette propension quasi-naturelle de croire qu'un commerçant qui se fait une marge en vous vendant un produit est un escroc. L'on dit toujours que c'est à cause de la violence que les commerçants désertent la banlieue; c'est partiellement faux. C'est d'abord à cause du gratuit et de sa mentalité.

93-infos, seul site d'informations créé par Mélanie Chaluleau, jeune journaliste a interrompu sa diffusion sur internet, faute de moyens le 11 mai dernier. Et pourtant, c'était une belle initiative qui aurait dû recueillir l'attention, l'intérêt et la solidarité du 93. Il n'en est rien. Elle a fermé boutique.

Mea culpa ! Nous aurions pu annoncer chez elle. Si son audience avait été conséquente et pérenne. Mais annoncer, c'est payer. Donc, si nous payons, nous devons avoir quelques prospects qui se transformeront en clients et qui nous permettront de recruter des étudiants dans les villes et de dégager une marge; marge qui sera réinjectée en partie dans une autre campagne de communication dans son canard.

Mais si le recours naturel, c'est l'informel et la gratuité, les annonceurs n'annoncent pas, les sites d'informations ferment, et à terme, les annonceurs se barrent. Ce qu'ils ont toujours fait dans le département. Pourquoi ? Pas à cause de la violence. La banlieue est un sacré marché captif en réalité pour certains secteurs comme le transfert d'argent, les assurances et les banques.

Pourquoi ? Parce que le gratuit est roi, l'informel prince héritier.

Vous pourrez rétorquer pour les annonces dans sur 93-infos, qu'il y'a 40 journaux municipaux qui y sont arrivés très bien. Ils sont distribués gratuitement. Et ils sont là depuis la nuit des temps, bien portants. Comment s'en sortent-ils ? Grâce à vos impôts.

Le gratuit n'est pas du gratuit. On n'a rien pour rien dans la vie. Ce que vous ne payez pas directement, vous est surfacturé indirectement. Au mieux, l'on vous le répercute, au pire, l'on y rajoute d'autres frais annexes qui vous font gonfler vos impôts locaux.

En réalité, le gratuit ne profite qu'à ceux qui ont besoin de vous avoir sous la main, sous contrôle.



Payer, c'est compter. Payer, c'est exister

Osez le bon sens !

YDM

Michael Haneke à Paris 8

vendredi, mai 11 2012

220px-Michael_Haneke_2009.jpg

Michael Haneke, réalisateur était reçu ce matin à l'Université Paris 8 pour la remise de son titre de Docteur Honoris Causa par Pascal Binczak, président de l'université.

Michael Haneke est le fils de l'acteur protestant Fritz Haneke et de l'actrice catholique Beatrix von Degenschild. Haneke a grandi dans la ville de Wiener Neustadt, située au sud de la capitale autrichienne. Il a étudié la philosophie, la psychologie et l'art dramatique à l'Université de Vienne.

Il devient critique de cinéma de 1967 à 1970 puis travaille en tant que rédacteur pour la station de télévision allemande Südwestrundfunk. Passé à la mise en scène, il dirige, tant en Autriche qu'en Allemagne, plusieurs pièces du répertoire traditionnel, d'August Strindberg à Johann Wolfgang von Goethe en passant par Heinrich von Kleist. Il assure également la mise en scène d'opéras et monte ses spectacles entre Munich, Berlin et Vienne. Haneke fait ses débuts comme réalisateur pour la télévision en 1973.

Source : wikipédia

La journée d'hommage a commencé avec une projection de son film Caché.

Ensuite, une rencontre a eu lieu avec le cinéaste à l'amphi X en présence de :

Partie A

Partie B

Michel Cieutat, critique de cinéma, revue Positif

Philippe Rouyer, critique de cinéma, revue Positif

Bernard Mangiante, réalisateur

Remise du titre

Osez le bon sens !

YDM

Les confusions à éviter en français - Bien écrire

jeudi, mai 10 2012

Comment savoir s'il faut écrire "ces" ou "ses", ou encore s'il faut choisir entre "quand" ou "quant", ou bien si l'on doit écrire "se" ou "ce" ?

En fait, pour ne jamais se tromper entre tous ces homophones, il faut tout simplement savoir de quoi on parle. C'est d'ailleurs précisément pour ça qu'il existe autant de différences entre des mots avec des sons identiques : d'un seul coup d’œil, on doit être capable de savoir de quoi on parle rien qu'en regardant l'orthographe du mot en question.

Mais n'ayez crainte, la plupart du temps, les règles pour bien identifier ces différences sont souvent faciles à comprendre. En plus il existe souvent des petites astuces à utiliser pour ne pas se tromper.

Voyons tout cela ensemble.

à - a

On met un accent sur le à que si on ne peut pas le remplacer par avait.

- Il a (avait) faim. Passons à table.

à l'attention de - à l'intention de

À l'attention de est une formule employée dans un courrier administratif lorsque l'on veut indiquer son destinataire.

À l'intention de (quelqu'un) est une locution qui signifie "pour lui, dans le but de lui être agréable, bénéfique".

- Á l'attention de Monsieur le Directeur. (On indique, en en-tête de lettre, que le destinataire du courrier est bien le directeur. Il est porté à son attention.)

- Il a composé ce discours à l'intention de ses invités, afin de leur exprimer sa reconnaissance. (Lorsque l'on est plus dans le cadre d'un courrier administratif, on emploi "a l'intention de")

autant - au temps

S'il y a bien une confusion que l'on fait souvent, c'est assurément dans l'expression "autant/au temps pour moi" !

Employée pour exprimer la reconnaissance de son erreur, on a depuis longtemps oublié sa véritable origine qui trouve son point de départ dans le vocabulaire militaire. Cette expression était alors employée pour mettre au pas une troupe de soldat lors de la manipulation de leur fusil.

On pouvait alors entendre "Au temps pour les crosses !" lorsque les crosses des fusils ne claquaient pas à l'unisson au creux de la paume des soldats, afin de faire refaire la manœuvre pour qu'elle soit parfaite.

Depuis cette expression a toujours son sens premier qui est de signaler une erreur, mais elle est passée dans le langage courant et ne concerne plus le milieu militaire.

Donc l'orthographe correcte est de dire "Au temps pour moi" lorsque l'on admet son erreur, même si l'adverbe "autant" est aujourd'hui tellement utilisé dans cette expression que finalement on tolère les deux orthographes.

C'est, s'est - c'était, s'était

Ici, rien de compliqué ! Il s'agit de la même règle que pour se et ce.

Le s' est la forme contractée de se.

Le c' est la forme contractée de ce.

On applique donc la même règle en remplaçant le s' par se, et le c' par ce.

Découvrez les autres confusions telles que par ce que - parce que, Près, prêt, - plus tôt, plutôt, Si, s'y - ni, n'y , Quoique - quoi que ... sur bien-écrire.org

Vainqueur du mois d'avril - Des vers sur le bitume

dimanche, mai 6 2012

Laure Tauriac est le vainqueur du mois d'avril de notre concours de poésie - Des vers sur le bitume.

Le thème d'avril était la fierté.

Elle a eu l'amabilité de nous recevoir dans sa ville de Dugny, dans un restaurant populaire.

AJARO MAÎTRE COQ de Laure Tauriac


***

Qu’est-ce qu’il raconte maître Coq qui vous accroche

Et vous carotte avec ses galantes approches ?

Il vous crache sa mauvaise publicité,

Le grand air n’est pas gage de qualité.

En vérité sa vanité est aussi vaine

Que celle du paon qui se cambre comme un coquet

Et qui vous racole sans se donner trop de peine.

Il faudrait que quelqu’un lui rabatte son caquet.


***

Le savoir de maître Coq c’est de faire mijoter

Faire fondre la poulette, lui faire tout miroiter

Pour qu’elle passe à la casserole

Pour ensuite la rendre folle.

On repère le fat à ses horaires inversés,

Son cocorico du soir ça vous fait glousser,

A l’aube vous ne saurez pas où le coq est passé.


***

Ce coquin collecte les conquêtes à la pelle,

Les fait craquer puis s’en va quand leurs cœurs craquèlent.

Qu’est ce que vous vous croyez ? Que vous allez le plumer,

Le prendre dans vos filets, le ranger, le calmer ?

Mais maître Coq ne se laisse pas ficeler,

Ce n’est qu’un dur-à-cuire qui préfère filer.

Fier peut être celui qui traverse les âges

Avec la même cocotte à l’inverse du volage.

Ça fait bien d’être vue avec ce beau gosse,

Mais vous vous cognerez à un os.

Vous aurez beau traiter la coqueluche

Comme un coq en pâte vous serez sa cruche.

Le coq qui aime trop la cuisse

Se rappelle qu’il a des ailes

Pour fuir loin de toutes celles

Qui veulent être élues sa miss.


***

Une fois qu’il vous a mis en cloque

Maître Coq n’a plus rien dans le froc.

Facile de semer sa graine aux quatre vents,

Fier peut être celui qui assume en élevant

Ses poussins et qui saura vous aimer

Comme vous êtes et comme vous serez :

Enceinte et nauséeuse

Chauve et cancéreuse

Vieille et toute fripée, à l’épreuve du temps

Alors que maître Coq ne tiendra pas longtemps.


***

Maître Coq en met plein les yeux, il décrète

Que c’est lui le plus virile, on le voit pour le show

Mais devant le devoir il garde ses plumes au chaud.

Ce qu’il fait de mieux c’est quand il sort sa … crête !!!

Donc pour éviter la déception, choisissez

Que de la bonne volaille labellisée 3C

Qui en dans le cœur dans les couilles et dans le crâne

Si vous ne voulez pas passer du coq à l’âne.

Laure Tauriac, Dugny

Osez le bon sens !

YDM

Soutien scolaire social Paris 75

jeudi, mai 3 2012

Du soutien scolaire à domicile pour tous, et même pour vous.

Soutien_scolaire_malin_ou_partage_scolaire.PNG

www.partagescolaire.com

Osez le bon sens !

YDM

Associations de soutien scolaire à Paris 75, cours à domicile et cours particuliers

mercredi, mai 2 2012

Guide des associations et organismes de cours particuliers à domicile ou en groupes, aide aux devoirs et d'entraide scolaire de Paris (75).



aucune_association_trouvee.bmp

18ème arrondissement

17ème arrondissement

16ème arrondissement

15ème arrondissement

14ème arrondissement

13ème arrondissement

12ème arrondissement

11ème arrondissement

10ème arrondissement

logo-claireyvesandre-small.png

9ème arrondissement

8ème arrondissement

7ème arrondissement

6ème arrondissement

5ème arrondissement

4ème arrondissement

3ème arrondissement

2ème arrondissement

1er arrondissement

logo-claireyvesandre-small.png

Osez le bon sens !

YDM

- page 1 de 37